En séance au Sénat le 10 juin 2015.

Mme la Présidente, Madame la Ministre, Mes chers collègues,

Nous voici à nouveau réunis pour discuter du projet de loi portant transformation de l’université des Antilles et de la Guyane en université des Antilles, suite à l’échec de la CMP du 11 mars dernier. Depuis la première annonce de la scission du pôle guyanais en novembre 2013, que de temps passé et que de vaines polémiques ! Il est plus que temps de clore ce chapitre douloureux et d’apporter la sécurité juridique nécessaire à la prospérité de la toute jeune université des Antilles.

Permettez-moi de rappeler que notre délégation sénatoriale à l’outre-mer, que je présidais alors, et la Commission de la culture du Sénat – alors présidée par Marie-Christine Blandin - avaient constitué un groupe de travail commun pour mener une réflexion de fond et de terrain repensant l’avenir universitaire aux Antilles et en Guyane. Sur le sujet qui nous oppose aujourd’hui à nos collègues députés et à la version gouvernementale, à savoir le mode de désignation des instances dirigeantes de l’Université et la garantie d’une représentation paritaire des deux pôles guadeloupéen et martiniquais, notre groupe de travail avait proposé le fameux « ticket ». Il nous semblait pertinent d’assurer la cohérence entre le projet global d’établissement porté par le président de l’université et les stratégies de développement de pôle défendues par chacun des présidents de pôle. Nous pensions alors qu’il serait le système le plus à même d’en finir avec les désaccords qui avaient conduits au départ de la Guyane.

Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans le temps du débat idéologique mais dans celui de l’urgence qu’il y a à définir des bases solides et pérennes pour notre Université.

Compte-tenu du contexte actuel, je considère désormais qu’il faut faire confiance aux hommes et aux femmes de la communauté universitaire et gager que, quel que soit leur mode de désignation, ils auront à cœur de travailler en cohérence au développement d’un projet fédérateur et ambitieux dans l’intérêt des étudiants !

Depuis deux ans les étudiants, les enseignants et tous les agents des deux pôles de l’Université sont dans l’incertitude et l’expectative. Alors que l’année universitaire est sur le point de s’achever, les étudiants ne savent toujours pas de quoi la rentrée sera faite ou si leur diplôme sera reconnu. J’entends d’ailleurs dire localement que nombre d’entre eux envisageraient de s’inscrire l’an prochain dans une université hexagonale.

Il est de notre responsabilité d’offrir des perspectives à notre jeunesse en leur offrant des enseignements de qualité à la fois respectueux de l’autonomie des deux pôles antillais, mais également dans la recherche d’une coopération régionale inclusive et attractive à la fois avec l’Université de Guyane et avec nos partenaires de la zone caribéenne et latino-américaine. Notre groupe de travail avait proposé la création d’un Erasmus régional, je pense également que nous devrions miser sur les filières innovantes dans lesquelles nos régions sont à la pointe, comme en matière de biodiversité ou de ressources marines. Non seulement devons-nous donner envie de rester à nos jeunes, mais nous pourrions également attirer des étudiants de l’hexagone ou des pays voisins.

Seulement, pour que tous ces programmes puissent se mettre en place, il convient – et j’y reviens car c’est aujourd’hui le sujet fondamental – d’avancer et de mettre en place les structures d’organisation de notre université.

Dans ces deux régions où la population est vieillissante, où le chômage des jeunes atteint des sommets, il est de notre devoir de poursuivre un dialogue constructif et unifié, tant entre guadeloupéens et martiniquais qu’entre députés et sénateurs ! C’est pourquoi, mes chers collègues, je vous appelle à adopter le texte qui garantirait de doter l’université de ses structures d’organisation dans les temps les plus brefs, en tout cas avant la rentrée prochaine. Je vous remercie de votre attention.