Serge Larcher, Sénateur de la Martinique et Président de la délégation sénatoriale à l’outre-mer, a signé ce jour une motion avec ses collègues élus de la Martinique concernant le démantèlement annoncé par voie de presse de l’Université des Antilles et de la Guyane (UAG).

La crise qui s’est développée pendant cinq semaines sur le pôle guyanais a débouché sur la signature à chaud d’un protocole d’accord prévoyant la création d’une université de plein exercice en Guyane, sans qu’aucune concertation préalable n’ait eu lieu, associant les élus des Antilles ni même la gouvernance en place de l’UAG.

Cette décision unilatérale et sous le coup des revendications ne saurait convenir à Serge Larcher qui, à l’instar de ses collègues antillais, souhaite que, quelle que soit la décision prise, elle soit respectueuse de l’autonomie des Universités, des instances statutaires élues de l’UAG et des spécificités propres de ce pôle de recherches, dispersé sur trois entités éloignées de 1500 km.

Il reste persuadé que, comme il l’a toujours préconisé, seul le dialogue et une réflexion concertée, permettront d’envisager les nécessaires pistes de réforme de ce pôle universitaire en dehors de toute précipitation. C’est pour cela que la Délégation sénatoriale à l’outre-mer qu’il préside, associée à la Commission de la Culture, de l’Education et de la Communication du Sénat présidée par Marie-Christine Blandin, annonce aujourd’hui la création d’un groupe de travail commun sur l’avenir de l’UAG. Il s’agira d’un groupe de travail restreint d’une douzaine de membres comportant pour moitié des membres de la commission et de la délégation, désignés de manière paritaire entre sénatrices et sénateurs des outre-mer et leurs collègues hexagonaux et de manière respectueuse de l’équilibre politique du Sénat.

La réflexion devra prendre en considération les particularités de l’UAG afin de définir un statut dérogatoire répondant à la fois au respect de l’identité propre à chaque territoire et d’une vision régionale assurant la cohésion universitaire.

Quelle que soit l’issue des réflexions qui doivent être menées, il est nécessaire de réaffirmer et redéfinir certains postulats de départ : le statut dérogatoire de l’UAG, l’autonomie administrative effective des pôles, la rigueur indispensable pour la coopération scientifique universitaire entre les trois pôles et la reconnaissance par le gouvernement du rôle des instances universitaires en place, des élus locaux et des parlementaires dans les négociations et  les perspectives d’avenir.

A l’heure où la loi Fioraso envisage la coopération des établissements et l’ouverture internationale, il est vital pour l’UAG de développer des moyens démultipliés, de repenser une gestion administrative décentralisée plus efficace et de mettre en place un centre de recherches scientifique de haut niveau s’inscrivant dans l’étendue, la diversité et la richesse de ses territoires.