Martinique 1ère, le 4 mars 2015

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Malgré la loi relative à la régulation économique pour faire baisser les prix, les consommateurs de Martinique, paient les produits de base jusqu'à plus de 2€ de plus par rapport à la France. Que peut suggérer la délégation sénatoriale que vous présidez  dont vous êtes membre pour éviter une explosion sociale comme en 2009?

Il est vrai que les prix des produits alimentaires continuent d’augmenter pour les consommateurs martiniquais. Le comité de suivi du « bouclier qualité prix » créé par la loi sur la régulation économique a récemment demandé à ce qu’un effort plus important soit fait en faveur des produits frais locaux dans le cadre de la modération des prix pour l’année 2015. Nous sommes tout de même dans un cercle vertueux retrouvé depuis que ces outils au service de la transparence des prix ont été créés. En effet, ce qui avait déclenché la crise de 2009 c’était le sentiment criant de « profitation » avec des marges contrastant avec le niveau de vie des consommateurs. Les avancées sur la régulation des prix, des marges et des revenus ont permis un déclic dans de nombreux domaines.

Cependant, dès lors que nous sommes obligés d’importer des produits, je pense par exemple à des fruits frais que l’on ne trouve pas sous nos climats, nous ne pourrons jamais obtenir les mêmes prix que dans l’hexagone.

L’un des chevaux de bataille de la Délégation sénatoriale à l’Outre-mer lorsque j’en étais le Président fut de mettre en garde la France et l’Union européenne sur la concurrence déloyale au sein notre environnement régional. La grande distribution, de manière subtile, propose des produits dits « locaux » qui, en réalité, proviennent de la zone caribéenne voisine. C’est là tout l’effet pervers des accords commerciaux entre l’Union européenne et les pays d’Amérique latine ou de la zone Caraïbe. Il ne s’agit pas de remettre en cause les échanges en tant que tels, cependant il n’est pas contestable que les entreprises des États voisins ne sont pas assujetties aux même contraintes fiscales, sociales et normatives que les nôtres. C’est cela qui engendre une concurrence déloyale, mettant en difficulté la production martiniquaise.

La future collectivité territoriale aura-t-elle les moyens de modifier les orientations de la politique institutionnelle, sociale et économique de la Martinique?

*Toutes les formations politiques sont déjà en campagne pour l'élection des membres de la future collectivité territoriale. Le scrutin est-il prévu en octobre, novembre ou décembre ?

Nous n’avons pas la date précise pour le moment, mais cela devrait intervenir en décembre 2015.

En ce qui concerne la capacité de la future collectivité unique à modifier la politique institutionnelle de notre territoire, il va de soi que la période actuelle de transition permet de mettre de l’ordre dans le dispositif législatif et administratif. La possibilité de recourir à l’habilitation dans un certain nombre de domaines est une véritable conquête. Nous avions travaillé au Sénat à favoriser l’utilisation, par les départements d’outre-mer, des facultés d’adaptation offertes par l’article 73 de la Constitution et à faciliter le recours à ce dispositif – notamment en limitant la marge de manœuvre du Gouvernement quant à l’opportunité de soumettre au Parlement les demandes d’habilitations.

Ce pouvoir législatif encadré adapté à nos spécificités est une mesure concrète qui permet de favoriser notre développement et de libérer nos énergies. Les habilitations déjà obtenues dans les domaines de l’énergie, du transport et de la formation professionnelle témoignent de ce mouvement de domiciliation du pouvoir à l’échelon territorial. La Collectivité de Martinique a vocation à confirmer et à renforcer cette dynamique.


Une rumeur fait état d'un possible recours à vos compétences sur la future liste de "Ensemble pour une Martinique Nouvelle", conduite vraisemblablement par Serge Letchimy, actuel député et président de la région Martinique. Si la proposition vous est faites, l'accepteriez-vous?

Cette rumeur m’annonçant comme potentiel « candidat » à la présidence de l’Assemblée unique révèle surtout quel type de personnalité conviendrait à ce poste. La présidence de l’Assemblée de Martinique ne doit pas être conçue comme une fonction concurrente avec l’exécutif de la collectivité. Le président de l’Assemblée doit donc être une personnalité qui se place hors des questions de pouvoir. Il ou elle aura essentiellement à assumer un rôle d’organisation et d’animation des débats visant à garantir l’efficacité des processus décisionnels et l’expression de l’ensemble des élus de l’Assemblée et de l’Exécutif. Plusieurs élus me semblent avoir la carrure du poste. En ce qui me concerne je ne suis « candidat » à rien, d’autant que je suis un partisan du mandat unique, que je m’applique à moi-même en exerçant sans cumul ma fonction de Sénateur. Ceci étant posé, si le devoir m’appelle man péké fè dèyè. Pour preuve, je m’investis déjà pleinement sur le terrain en tant que militant de la liste "Ensemble pour une Martinique Nouvelle".

L’un des chevaux de bataille de la Délégation sénatoriale à l’Outre-mer lorsque j’en étais le Président fut de mettre en garde la France et l’Union européenne sur la concurrence déloyale au sein notre environnement régional. La grande distribution, de manière subtile, propose des produits dits « locaux » qui, en réalité, proviennent de la zone caribéenne voisine. C’est là tout l’effet pervers des accords commerciaux entre l’Union européenne et les pays d’Amérique latine ou de la zone Caraïbe. Il ne s’agit pas de remettre en cause les échanges en tant que tels, cependant il n’est pas contestable que les entreprises des États voisins ne sont pas assujetties aux même contraintes fiscales, sociales et normatives que les nôtres. C’est cela qui engendre une concurrence déloyale, mettant en difficulté la production martiniquaise.

La future collectivité territoriale aura-t-elle les moyens de modifier les orientations de la politique institutionnelle, sociale et économique de la Martinique?

*Toutes les formations politiques sont déjà en campagne pour l'élection des membres de la future collectivité territoriale. Le scrutin est-il prévu en octobre, novembre ou décembre ?

Nous n’avons pas la date précise pour le moment, mais cela devrait intervenir en décembre 2015.

En ce qui concerne la capacité de la future collectivité unique à modifier la politique institutionnelle de notre territoire, il va de soi que la période actuelle de transition permet de mettre de l’ordre dans le dispositif législatif et administratif. La possibilité de recourir à l’habilitation dans un certain nombre de domaines est une véritable conquête. Nous avions travaillé au Sénat à favoriser l’utilisation, par les départements d’outre-mer, des facultés d’adaptation offertes par l’article 73 de la Constitution et à faciliter le recours à ce dispositif – notamment en limitant la marge de manœuvre du Gouvernement quant à l’opportunité de soumettre au Parlement les demandes d’habilitations.

Ce pouvoir législatif encadré adapté à nos spécificités est une mesure concrète qui permet de favoriser notre développement et de libérer nos énergies. Les habilitations déjà obtenues dans les domaines de l’énergie, du transport et de la formation professionnelle témoignent de ce mouvement de domiciliation du pouvoir à l’échelon territorial. La Collectivité de Martinique a vocation à confirmer et à renforcer cette dynamique.


Une rumeur fait état d'un possible recours à vos compétences sur la future liste de "Ensemble pour une Martinique Nouvelle", conduite vraisemblablement par Serge Letchimy, actuel député et président de la région Martinique. Si la proposition vous est faites, l'accepteriez-vous?

Cette rumeur m’annonçant comme potentiel « candidat » à la présidence de l’Assemblée unique révèle surtout quel type de personnalité conviendrait à ce poste. La présidence de l’Assemblée de Martinique ne doit pas être conçue comme une fonction concurrente avec l’exécutif de la collectivité. Le président de l’Assemblée doit donc être une personnalité qui se place hors des questions de pouvoir. Il ou elle aura essentiellement à assumer un rôle d’organisation et d’animation des débats visant à garantir l’efficacité des processus décisionnels et l’expression de l’ensemble des élus de l’Assemblée et de l’Exécutif. Plusieurs élus me semblent avoir la carrure du poste. En ce qui me concerne je ne suis « candidat » à rien, d’autant que je suis un partisan du mandat unique, que je m’applique à moi-même en exerçant sans cumul ma fonction de Sénateur. Ceci étant posé, si le devoir m’appelle man péké fè dèyè. Pour preuve, je m’investis déjà pleinement sur le terrain en tant que militant de la liste "Ensemble pour une Martinique Nouvelle".